L'ancien village d'Agnielles - Aspres-sur-Buëch :: Alpes Guide - Les Hautes-Alpes
 
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  L'ancien village d'Agnielles
Commune de Aspres-sur-Buëch

En partenariat avec : CAUE des Hautes-Alpes




 La disparition d'un village ou d'une commune, c'est un peu de la mémoire collective qui s'en va. Si quelques pierres envahies par les herbes sauvages restent les derniers témoins du passé, le temps recouvre petit à petit le travail des hommes.

Agnielles est un de ces hameaux disparus au début de ce siècle, victime de l'isolement et des modifications démographiques (exode rural). On y parvient difficilement en empruntant la R.N. 75 allant d'Aspres vers La Faurie. Après 4,5 km, passer sous un pont de chemin de fer puis un peu plus loin, sur la droite devant un petit parking, repasser sous la voie en prenant une route de terre. Agnielles se cache au fond de cette vallée étroite et argileuse, oubliée de tous. Le Val d'Agnielles (ou Anyelles) avec ses anciens hameaux de Recours, de la Blache et de la Sauze, fut très tôt habité par les hommes (présence d'une grotte, habitat du néolithique des années 3200 - 2200 av. J.C., soit de la période de la pierre polie). Au moyen-âge, l'histoire locale fut surtout faite de différents avec la Chartreuse de Durbon toute proche ou avec les seigneurs de Saint-André-en-Beauchêne (aujourd'hui la Faurie). Dans une délibération en date du 12 novembre 1933, le Conseil Municipal d'Agnielles, réuni sous la présidence d'Albert Bertrand, se déclarait favorable à la suppression de la commune et à son rattachement à celle d'Aspres-sur-Buëch. Ainsi, au terme d'une enquête préfectorale menée auparavant, les derniers habitants du village venaient de voter la disparition de leur commune. Un rattachement qui devait prendre effet officiellement le 11, janvier 1934 par la vente à l'Etat des biens communaux et le rachat des biens privés (terrains et maisons). Les biens communaux d'Agnielles s'élevaient à 937 hectares au total (soit une somme globale d'environ 187 000 francs de l'époque), sans compter les biens immobiliers constitués par l'église, le presbytère, le four banal, le cimetière et l'école. Dans les nombreux documents relatifs à ce rattachement, conservés aux archives départementales, on y apprend que l'école du village (visible en arrivant, sur le bord du chemin) fut vendue à l'Etat par la commune d'Aspres pour la somme de 21 000 francs (dont 10 % de la vente seraient attribués à la caisse des écoles d'Aspres ou aux pupilles de l'école. Les 90 % restant étant destinés à l'achat de rentes sur l'Etat), accompagnée d'un terrain de 1,07 hectare pour une somme équivalente. Du point de vue population, Agnielles enregistrait 50 âmes au XVe siècle, 120 en 1783 puis 177 en 1881. L'exode rural vers les villes augmentant, le hameau perdit la presque totalité de ses habitants au début du XXe siècle. Le dernier curé (l'abbé Illy) mit la clé sous la porte dès 1907, mettant un terme à une paroisse fondée en 1155. En 1934, seuls 4 enfants étaient encore scolarisés à l'école. On aurait pu alors penser que la mort du village était inéluctable. En 1943, 10 ans après le rattachement à Aspres, l'administration des eaux et forêts signait un bail de 18 ans en faveur d'une coopération agricole à Agnielles. Ayant pour but la renaissance de ce village abandonné, les premiers coopérateurs s'y installèrent quelques mois plus tard, partageant leur temps entre la résistance à l'occupant et la remise en culture des terrains. Après la libération, Agnielles semblait trouver un second souffle, avec la célébration de 18 baptêmes pour 3 mariages. On réouvrit même l'école et on installa le téléphone. Malheureusement, l'éloignement géographique mit un terme à cette expérience. Malgré la volonté d'un groupe de jeunes de Seine-et-Marne dans les années 60, désireux de relancer l'activité en y installant un centre de rencontres national et international, la dernière cheminée s'éteignit en 1970. Aujourd'hui, Agnielles n'est plus qu'un champ de ruines et de maisons laissées aux quatre vents. La voûte de l'église est tombée durant l'hiver 1978/79 et les ronces viennent désormais occuper le cimetière, où se dressent toujours des croix en fer, ultime provocation au temps et à l'oubli. Une vision qui ne peut laisser indifférent.

 
 

 

 


 
   
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